Tipasa, c'est - à 69 kilomètres d'Alger - une cité romaine dont ne subsistent que des vestiges envahis par la végétation des absinthes, des géraniums et des griffes-de-sorcière. Imaginez des ruines à pic sur une falaise que vient battre une eau claire, brasillant sous l'éclatante lumière méditerranéenne. Tel est le site magnifique où Albert Camus a célébré dans sa vingtième année ses « noces » avec la nature. Joie parfaite, toute païenne, qui le marque à jamais. Joie qui, par contrecoup, inspire le frisson de révolte de la méditation sur Le Vent à Djémila. Pourtant, là comme dans Le Désert, c'est toujours l'accord de l'homme avec la terre qui est célébré.
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