La Fin du monde antique et le début du Moyen Age fut un succès lors de sa parution en 1927. On avait traité jusqu'alors soit de l'empire romain, soit du Moyen Age en scindant les deux époques à la mort de Théodose. Pionnier du concept d'Antiquité tardive, Ferdinand Lot est le premier à consacrer un travail d'ensemble à l'histoire romaine entre le IIIe et le Ve siècle et à affirmer que "le Moyen Age ne peut se comprendre si l'on ne remonte pas au Bas Empire".
Se dégageant du carcan de l'histoire événementielle, il met l'accent sur l'analyse économique et sociale. En ce domaine aussi, Ferdinand Lot innove, deux ans avant la fondation des Annales, la revue de Marc Bloch et Lucien Febvre. Mais il n'oublie pas la leçon de Fustel de Coulanges : "L'histoire n'étudie pas seulement les faits matériels et les institutions : son véritable objet d'études est l'âme humaine."
Si les apports de l'archéologie ces dernières décennies ont bien changé nos connaissances des temps barbares, Ferdinand Lot reste d'actualité lorsqu'il écrit : "II est impossible de comprendre quoi que ce soit à l'histoire contemporaine si on ne sait rien de la dislocation du monde ancien, rien du nouveau peuplement de l'Europe du IVe au Xe siècle..." Une bonne raison de se féliciter de la réédition de ce classique que maîtres et étudiants ont lu et relu.
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