Par une journée torride, Liang, neuf ans, arrive avec ses parents et sa petite sœur, sur une charrette tirée par un âne, dans un village au nord de la Chine. Son père vient d'être nommé préfet. Logée dans une chambre rudimentaire, éclairée d'une lampe à huile, la famille Li commence une vie nourrie des idées révolutionnaires.
L'enfant découvre avec son meilleur ami Tien, fils d'un paysan, une Chine que les gens de la ville ignorent. La croix d'une église française domine le village. Les grands-parents de Tien croient aux Seigneurs du Ciel, tandis que les parents vénèrent un dieu « aménagé » à la chinoise. Les vieux brûlent des figurines dans la cheminée pour qu'ils protègent le foyer; on pratique la messe clandestine, tandis que les enfants apprennent par cœur le Petit Livre Rouge.
La Grande Révolution Culturelle est déclenchée. On détruit l'église, on fouille chez les gens pour éliminer tout objet antirévolutionnaire. Cheveux longs et chignon sont féodaux, le pantalon étroit et les jouets appartiennent à la bourgeoisie.
Liang grimpe pour détruire la croix de l'église afin d'être digne de sa famille. Son rêve est vite brisé : on découvre des documents dans le dossier de l'Armée rouge: son grand-père était un général traître. Son père est accusé d'avoir pratiqué une «ligne révisionniste » et sa mère de s'être vengée en empoisonnant les vers à soie que le Comité lui avait confiés.
Ses parents en prison, Liang erre avec sa petite sœur de quatre ans dans les champs de sorgho rouge. II y rencontre l'âme du village, l'oncle, qui lui raconte la voix mystérieuse de cette terre millénaire.
Le_sorgho_rouge