« ... Dis-lui comment j'ai appris ce que c'était que l'horreur. Il y avait une fois un petit garçon de neuf ans. Son père était fou, mais le gosse ne le savait pas. Jusqu'au jour où son père l'a attrapé et l'a étendu sur la table de la cuisine. Il a attaché le gosse à la table, en serrant bien, tu comprends ? Et puis il a pris une hache et il a coupé les pieds du gosse juste au-dessus des chevilles. Et pendant tout ce temps, il n'a pas arrêté de rire, de rire... C'est comme ça que j'ai découvert ce qu'étaient les monstres. En en devenant un moi-même. Maintenant j'essaie de montrer aux spectateurs la réalité de l'horreur... »
     « Bloch lui-même reconnaît facilement que « Le Crépuscule des Stars » est son meilleur livre. En tous les cas, son livre le plus envoûtant et le plus angoissant. Paradoxe de ce roman où il n'y a pas de mystère à proprement parler. Mais, dans cette saga de Hollywood, racontée à travers la grandeur et la décadence de Tommy Post, Bloch nous fait entrer de plain-pied dans cette mythologie qui donne le vertige. Pour ce roman de la démesure et du baroque, Bloch ne pouvait pas trouver de meilleure période que cette époque où souffla un vent de folie sur cette ville devenue « l'usine à rêves » du monde entier.
     Ce livre dépasse de beaucoup le simple roman à clefs, nous restituant parfaitement la fascination de Hollywood. Attaché à ses fantasmes, Robert Bloch ne pouvait détruire la cité magique que par l'arme qu'il préfère : le feu. C'est donc dans les flammes que, symboliquement, est détruit ce décor qui avait réussi à nous faire croire qu'il représentait notre monde secret. »
(Polar)
Lecrepusculedesstars