En épousant Micheline Lasquin (des usines Lasquin), Pierre Lenoir ne se doute guère qu'il devra dire adieu à sa carrière de coureur à pied pour devenir bureaucrate deux mois après la cérémonie. Afin que Micheline ne perde pas la main au tennis, il la confie à son ami Bernard Ancelot, lequel se montre assidu sur les courts.
La jeune femme s'explique ce zèle par l'amour ? et le mutisme du soupirant par le fait qu'elle n'est pas libre. Mais Bernard est muselé par la honte que lui inspirent sa mère et ses soeurs, férues de modernisme et de cinéma au point de ne voir partout que poésie cosmique ou gros plans et traveling (prononcez travolingue). Quand le boxeur Milou se pose en rival de Bernard, les sujets de travelingue ne tardent pas à se multiplier dangereusement avant qu'arrive à sa fin cette satire truculente d'une bonne partie de la société ? et d'une partie de la bonne société.
Marcel Aymé
Travelingue