Les Chansons de Bilitis furent publiés en 1894 : il s'agit prétendument d'une traduction due à Pierre Louÿs de l'œuvre de cette poétesse antique. L'ouvrage est précédé d'une Vie de Bilitis, retracée par le traducteur et suivi de plusieurs pages de notes.
Bilitis serait une contemporaine et rivale de Sappho, jeune grecque de Turquie vivant sur l'île de Lesbos au VIe siècle av. J.-C., Pierre Louÿs lui attribua des poèmes sulfureux et passionnés.
En fait, Bilitis est un personnage fictif qu'il a inventé, et Pierre Louÿs est l'auteur de ce recueil de poèmes en prose ; il y déploie toute son érudition et sa connaissance des textes poétiques grecs. C'est l’amour pour la langue, un style simple et le plus juste possible, qui permet de dégager une grande force au service de la sensualité et de l’amour saphique. Pour l'anecdote, Louÿs poussa même le vice de la mystification jusqu'à insérer dans son recueil des pièces poétiques estampillées de la mention : "non traduites"... et par donner des références bibliographiques, entre autres les articles de l'archéologue allemand le Pr. Heim (Geheimnis signifie "mystère" en allemand, "Heim" le chez-soi). Dans un premier temps, une partie de la critique se laissa abuser par cette magistrale supercherie littéraire.
Comme pour la plupart de ses œuvres, Pierre Louÿs doubla les Chansons de Bilitis de poèmes en prose de la même eau mais accentuant l'aspect érotique. Ces Chansons secrètes de Bilitis n'ont été publiées qu'après sa mort.
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