Pour distraire son maître, Jacques lui raconte ses amours. Mais mille et une histoires truculentes et spirituelles viennent bousculer leur dialogue. L'infidélité des femmes, celle des hommes, l'hypocrisie des religieux, l'attachement des humains pour leur chien, les rapports entre le maître et son valet, tout est prétexte à digression. Car ce valet raisonne. Que peut-on faire quand un malheur arrive ? Rien : « Il fallait que cela fût car cela était écrit là-haut. » La vie, pour Diderot, est un enchaînement de forces que l'homme n'a que l'illusion de commander. Et personne ne commande à personne. Ce Jacques, dont le nom signifiait « paysan », frère insolent de Figaro, mène son maître comme le philosophe a influencé Catherine de Russie. Ce roman est l'une des œuvres de Diderot où éclatent le plus ouvertement sa verdeur, sa tendresse, son intelligence fulgurante et son humour.
Jacqueslefataliste