Une poudrière à flanc de montagne, entourée de forêts isolées et de pentes glacées. Des gardes en faction qui se relayent, à un rythme monotone, pour la protéger. Lentement, l’attente languissante, l’angoisse sourde provoquée par la présence lointaine de brigands, s’emparent du jeune Barnabo, fraîchement muté. L’espoir, c’est qu’un événement de la dernière importance fera éclater le cours monotone de ses jours. Barnabo préfigure et annonce le lieutenant Drogo du Désert des Tartares : il ne convient pas de distinguer entre l’histoire et le mythe, la réalité et la chimère, car l’essentiel est de vivre, même fictivement. Le vide devient l’essence de l’existence elle-même et au bout de l’ennui, on peut atteindre la rédemption.
Dino Buzzati
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