Tome I
L'histoire est l'écriture que le présent fait du passé : c'est donc un texte, et qui fonctionne comme tel en produisant sa propre crédibilité. Autrement dit, le sens et la vérité de l'histoire sont les effets d'une représentation et non pas d'une réalité. Le réel n'a fourni que des matériaux, et l'écriture les a disposés pour créer l'histoire. Dès lors, à quoi bon faire semblant et n'écrire qu'un récit quand c'est une pluralité qui est en jeu ? Le dictionnaire a cet avantage de ne fixer que des matériaux justement et de laisser le lecteur libre d'écrire leur ensemble. On a tenté ici, par collage autant que par fourniture de renseignements, de traiter le dictionnaire comme un genre nouveau : celui de la pluralité...
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Tome II
Les hommes, les faits, les sentiments, les idées, la vie quotidienne sont les matériaux de ce Dictionnaire : il les situe sans les insérer dans une construction qui les empêcherait de jouer. La source principale est le texte, discontinu, que forment les journaux parus durant la Commune (partie originale de ce dictionnaire par rapport  aux autres livres sur la Commune). Ces journaux font chacun l'objet d'un article (il y en a 141), mais ils sont multiplement présents par des citations qui, collées ici et là, sont un peu l'équivalent des slogans de mai 68. Le collage, dit Aragon, remet en question le "monde imité" en y introduisant un fragment "pris dans le monde réel". L'écrit du temps dérange le temps écrit comme le témoignage trouble le récit, et ce double jeu crée le véridique, qui est la fiction de l'histoire. Bernard Noël
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