Le fléau qui frappa Montréal à l'hiver de 1885 avait pour nom la variole. La terrible maladie infectueuse  s'infiltra dans la ville le soir du 28 février alors qu'un employé de chemin de fer qui en était atteint fut accueilli à l'Hôtel-Dieu. Quelques heures plus tôt, l'Hôpital général de Montréal avait refusé son admission. À partir de ce moment, la variole multiplia ses victimes. En très peu de temps, l'épidémie gagna toute la métropole. S'ensuivit un formidable désordre social qui opposa anglophones et francophones, catholiques et protestants, riches et pauvres. Les autorités politiques, religieuses et médicales en vinrent aussi à s'affronter: fallait-il ou non faire vacciner la population ? Lorsqu'on se mit à placarder les maisons des varioleux et à emmener de force les malades à l'hôpital, la violence éclata dans les rues insalubres de la ville. Montréal était en déroute.
MONTRÉAL AU TEMPS DU GRAND FLÉAU révèle une facette méconnue de notre histoire. Michael Bliss la dépeint avec une minutie et une passion qui tiennent le lecteur en haleine jusqu'à la fin. Car c'est sur le mode d'un «roman-reportage» qu'il ressuscite ces événements tragiques et qu'il met en scène tous les protagonistes de cette pièce macabre qui ne doit pourtant rien à l'imagination !
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