"Les Châtiments passent pour l'œuvre maitresse du Victor Hugo engagé, selon le mot consacré. On ne manquera pas d'autres expressions pour qualifier cette fureur d'action verbale: lyrisme politique, romantisme satirique, fustigation épique.
L'erreur serait de lire Les Châtiments d'abord et surtout pour Napoléon III: quels que soient les noms qu'on ne peut qu'insulter, les massacres et la politique réactionnaire du prince, nous ne pouvons plus retrouver, un siècle plus tard, la haine qui rendait chaque syllabe sarcastique et faisait de cette cataracte d'alexandrins un flot de fureur par lequel étaient noyées les allusions, la mythologie, la politique et l'histoire. En 1964, les anecdotes ont perdu leur fraîcheur, et la nécessité de l'invective en est moins évidente. Elle se fait exemplaire."
lesChatiments