On a toujours remarqué l’importance du crime dans la littérature du XIXe siècle, mais on a trop tendance à y voir une mode littéraire coupée des réalités. En fait, ces récits sortis de l’imagination de Balzac, Hugo ou Eugène Sue, peuvent et doivent être mis en relation étroite avec la société parisienne de l’époque. Née de l’inadaptation de la ville “ de pierre ”, rues, maisons, égouts, aux besoins d’une population qui s’accroît formidablement entre 1830 et 1848 sans pouvoir s’intégrer, la criminalité imprime sa marque tragique à la ville. Elle fascine le Paris de la Monarchie de juillet, un Paris, malade, pathologique, qui souffre du déséquilibre des sexes, qui pullule d’enfants trouvés. Le crime, qui n’est qu’un aspect de tout le reste, y pousse en terrain privilégié comme la fleur empoisonnée d’une civilisation.
Classes_laborieuses_et_classes_dangereuses