Dans Le figuier enchanté, un recueil de récits paru en 1992 chez Boréal et qui lui a valu le Prix des arcades de Bologne, Marco Micone raconte avec une colère contenue l'humiliation que lui a fait subir un enseignant, qui le croyait idiot parce qu'il maîtrisait mal la langue de Shakespeare. Marco Micone passera quatre ans dans ce ghetto créé par l'impéritie des autorités scolaires et politiques québécoises du temps, «quatre années pénibles comme un interminable service militaire et duquel je suis sorti avec une connaissance passive de l'anglais», dit-il. Aussitôt hors de la classe, les jeunes passent en effet à l'italien. C'est pourtant dans ce milieu, où il fallait être un bon joueur de football pour être vraiment quelqu'un, qu'il découvre Gabrielle Roy.
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