Et si les enfants ne naissaient que pour corriger les erreurs de leurs parents? Nos vies familiales ressembleraient alors à des copies surchargées de ratures et de remarques - " faux ", " mal dit ", " à revoir " -, ponctuées de points d'exclamation.
Dans le livre de Jonathan Franzen, la famille s'appelle Lambert, mais c'est de l'Amérique qu'il s'agit, de sa manière
de vivre, de ses idéaux: un continent entier en train de sombrer doucement dans la folie.
Alfred, Enid et leurs trois enfants - Gary, Chip et Denise - sont les cinq héros de ce roman-fleuve où défilent toutes nos contradictions: le besoin d'aimer et la guerre conjugale, le sens de la justice et l'obsession des stock-options, le goût du bonheur et l'abus des médicaments, le patriarcat et la révolte des fils, la libération des femmes et la culpabilité de tous.
C'est cela Les Corrections: une " tragédie américaine " dont la puissance balaye tout sur son passage. Mais c'est aussi une comédie irrésistible, un humour qui s'autorise à rire de tout, une férocité sans limites.
Et le sens aigus de notre appartenance à la communauté humaine.
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